DivertissementsLifestyleLivre

Les billes de pachinko

0
TitreLes billes de Pachinko
AuteurÉlisa Shua Dusapin
GenreRoman
ÉditionsZoé
Parution2018

L’auteur

Élisa Shua Dusapin à un père français et une mère coréenne. Elle a fait ses études en Suisse, cette trentenaire ne manque pas de talent.

L’histoire

Claire va accompagner ses grands-parents en Corée du Sud. Ceux-ci vivent au Japon depuis plus de 50 ans et ne sont jamais retournés dans leur pays natal. Cependant, elle ne peut cacher ses craintes, trembler face au silence et aux malentendus entraînes par la distance et l’oubli.

Mon avis

Le sentiment de malaise m’a tenu tout au long de la lecture de ce livre. J’ai d’abord été irritée par le fait que Claire ne cesse de se plaindre du peu de coopération de ses grands-parents pour ce projet, qu’elle pensait, leur tenir à coeur. Aussi ne cesse t-elle de s’agacer de cette lenteur qui semble se conjuguer avec la chaleur de la saison.

Les cours de français que Claire donne à Meiko semblent finalement comme un moyen d’échapper à l’ambiance suffocante qui règne chez ses grands-parents.

Lorsqu’ils allument la télévision, je prétexte le sommeil pour me retirer dans ma chambre, au rez-de-chaussée, à côté de la salle de bain.

page 26

Les grands-parents font de leur mieux pour s’enthousiasmer de ce futur voyage, dont ils parlent peu, et qu’ils semblent même redouter.

Mon grand-père objecte qu’il ne peut pas quitter le pachinko en pleine saison. Je lui rappelle que nous n ;avions prévu de partir qu’une semaine, début septembre. Il réfléchit. Nous en parlerons demain.

page 39

L’auteur décrit parfaitement la distanciation, que ce projet commun va créer entre elle et ses grands-parents. À son impatience de découvrir ce pays fantasmé s’oppose la peur, pour ses grands-parents, de ne pas reconnaître ce pays regretté et peut-être idéalisé. Ce pays aussi, que l’on a un peu oublié. L’insécurité du voyage et la perte de repère sont aussi présents.

Claire ressent ce malaise sans en comprendre forcément la raison.

J’arrive au Shiny. Mon grand-père a débranché les guirlandes, les néons, les projecteurs ; C’est la première fois que je vois la façade dans l’ombre. Il n’y a que deux réverbères dans ce coin de rue, aux extrémités du parking à taxis. Je n’avais pas remarqué qu’il y en avait si peu. Le pachinko éclairait tout. Il attirait à lui tous les insectes de la nuit.

page 121

Ce roman décrit la douleur de l’exil, cet arrachement à ses racines, ce besoin de conserver des souvenirs que l’on a peur de confronter à la réalité. Il raconte, en miroir, le besoin de connaître ses origines, de découvrir ses racines pour pouvoir mieux s’ancrer. Ces deux réalités s’opposent.

Quand je retourne dans le hall, il est vide. Les voyageurs ont embarqué, seuls mes grands-parents sont encore là, ma grand-mère fait des gestes pour expliquer que je vais revenir, je le sais au regard de l’hôtesse quand elle me voit.

page 146

En lisant ce livre, j’ai retrouvé les histoires d’exil écrites par Tahar Ben Jelloun, cet entre-deux que rien ne vient jamais totalement combler.

Un roman qui rappelle combien l’écart générationnel et l’absence sont sources de malentendus et d’incompréhension et la distension des liens est inéluctable.

Recette coréenne : 고등어 조림 Godeungeo Jorim – ragout de maquereau

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply